justice

La vie est injuste !

Combien d’entre nous n’ont pas dit ou entendu des proches dire cette phrase lapidaire : « La vie est injuste ». L’autre jour, encore une personne, qui théoriquement a la foi, se scandalisait en voyant que certains parents donnent naissance à des enfants et ne prennent pas soins d’eux tandis que des époux souhaiteraient devenir parents et ne le sont pas… elle concluait : C’est injuste !… Nous avons chacun (j’en suis sûr) de très nombreux exemples de ces injustices. Mais qu’est-ce qui est injuste ?

Pour aller plus loin, il nous faut replonger au cœur de notre foi, au cœur de notre être même et entrer dans le mystère. La première des choses est, sans doute, de faire preuve d’humilité et de se rappeler que notre connaissance est toujours partielle. Même la connaissance du plus grand savant est limitée. C’est pour cette raison que les grands scientifiques ont toujours dit que la science et la foi étaient unis. Albert Einstein disait: « Je n’arrive pas à concevoir un scientifique dépourvu d’une foi profonde. Ceci pourrait être formulé de la façon suivante: il est impossible de croire à une science sans religion. » Tandis que Louis Pasteur affirme : « Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène. » Le plus éloquent est peut-être l’astronome français, Camille Flammarion, (1842-1925) qui proclamait : « L’athéisme est trop méprisable pour se réclamer de la science ou de la raison ou pour mériter le nom d’une quelconque idéologie ! II est trop insignifiant et trop petit pour avoir droit de cité !«………»Pour fuir la foi, il se réfugie dans les spéculations abstraites et les sophismes qu’il aurait certainement jetés au rebut s’il les avait soumis au jugement de sa saine nature. Il aurait, de même, compris que ses véritables sentiments et ce que lui dicte son imagination sont diamétralement opposés. Si un jour, on nous demandait: « quel est l’homme qui se ment le plus à lui-même’? » Nous dirions, sans aucune hésitation : C’est l’athée !» 

Ainsi, lorsque tel ou tel fait, tel ou tel élément, surviennent dans notre vie, nous les jugeons directement soit injuste soit heureux. Mais bien souvent nous ne voyons qu’une partie de l’ensemble. Et pourtant nous avons tous fait l’expérience concrète que ce qui nous semblait une bonne opportunité s’est, avec le temps, révélée une impasse et inversement, ce qui était difficile s’est transformé en planche salvatrice et nous a ouvert des horizons inconnus. Aussi avant tout jugement, il est important de reprendre notre place. Toute notre place et seulement notre place. Et surtout ne cherchons pas à prendre la place de Dieu l’unique vrai juge. Il n’est pas certain qu’il appréciera tous les jugements que nous avons posés à sa place quand nous arriverons devant lui.

Le second point concerne davantage les chrétiens. En effet, Le Christ-Jésus dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu» Ce qui veut dire que si je suis chrétien et que je dis: «La vie est injuste». Je dis donc en même temps:  «Jésus est injuste». Beaucoup de personnes ne se rendent pas compte de la portée totale de leur propos. C’est la même contestation que nous proclamons quand nous disons que nous manquons de temps, de moyens…. Tous les manques que nous exprimons sont sans conteste des remises en cause des largesses de Dieu. Nous accusons le temps, la vie… mais ce n’est pas nous. Nous qui gérons mal notre temps, notre vie… Nous qui dilapidons les dons qui nous sont faits. Plutôt que de juger, nous devrions faire nôtre la parole de Job :

« Nous acceptons le bonheur comme un don de Dieu. Et le malheur, pourquoi ne l’accepterions-nous pas aussi? »

(Job 2, 10)