Avons-nous trahi notre foi ?

Nos temples, nos églises, nos organisations, nos diocèses emploient des personnes qui ne pratiquent pas leur foi. C’est à dire qu’elles ne mettent pas en pratique ce en quoi elles disent croire. Il est beau de dire je crois mais comme dit l’apôtre St Jacques (2:18 Mais quelqu’un dira: Toi, tu as la foi; et moi, j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres), la foi sans la pratique est du vent!

Il ne s’agit pas de rentrer dans le débat qui a agité les églises durant des siècles, ni de critiquer tel ou tel employé qui travaille pour l’église. Mais de se poser la question de savoir pourquoi il travaille dans ce cadre. Comment quelqu’un peut travailler dans un diocèse, dans une paroisse sans avoir une pratique quotidienne de la prière et de la prière communautaire. Je ne suis pas chrétien seul. Encore moins quand par mon travail, ma mission est l’Évangélisation. Il est facile de croire que certains postes dans une organisation ne sont que de l’administration, mais en réalité, si la préoccupation première de chacun n’est pas l’Évangélisation, alors très vite l’ensemble s’éloigne de l’objectif. Par exemple, la finance, si le comptable n’est pas pétri jour après jour de la Parole de Dieu comment pourra-t-il ne pas tomber dans un réflexe païen de comptabilisation des avoirs ? Comment pourra-t-il comprendre l’Abandon à la Providence ? Comment pourra-t-il saisir l’importance de la gratuité et la radicalité que demande l’Évangile ? Peut-être, pourra-t-il en comprendre le principe intellectuellement mais seule la pratique quotidienne de la prière et de la Parole peut nous décontaminer de la pensée mondaine. L’exemple du comptable est facile et évident mais il en va pour chaque poste depuis la cuisinière, la personne qui fait le ménage jusqu’à l’évêque, nous pouvons oublier que notre rôle n’est pas de faire tourner une organisation MAIS ANNONCER L’ÉVANGILE.

Mon agir très concret ne peut être le même que celui d’un païen. Si j’ai la foi, je ne peux, je ne dois, agir comme si je ne l’avais pas. Pour prendre un exemple simple : un chrétien ne peut dire « je gagne ma vie » C’est un non sens ! Sa vie, elle est déjà gagnée par le Christ. Certains diront que c’est une manière de parler, JUSTEMENT c’est une manière païenne de parler. Et je comprends que des païens aient à gagner leur vie. Ou pour être plus juste, qu’ils pensent devoir gagner leur vie, cependant c’est une illusion mensongère. Ces illusions, ces raccourcis de la pensée, ces simplifications du langage nous ont peu à peu conduits à penser comme des personnes qui ne connaissent pas Dieu, comme ceux qui n’ont expérimenté la tendresse du Père dans le Pardon, qui n’ont pas goûté l’indicible bonheur de l’union au Christ dans la communion.

Un peu avant et surtout après le concile Vatican II, beaucoup de chrétiens défendaient la théologie du levain dans la pâte. Cette théologie signifiait que les chrétiens devaient se mélanger au monde et faire lever la foi là où ils se trouvaient. Les prêtres, les religieuses, les frères… se sont habillés comme monsieur et madame tout le monde, pour certains avec une petite croix. Avons-nous assisté à la conversion du monde ? N’est-ce pas plutôt le monde qui a contaminé notre pensée ? Encore un exemple simple mais très parlant : Le mariage. Comment se fait-il qu’il y ait autant de divorces ? Je comprends que l’un des époux puisse devenir invivable après le mariage, que le sentiment (le senti mente) amoureux disparaisse et qu’une séparation, un éloignement soit obligatoire Pour autant, il n’est pas question ici du mariage chrétien. Le mariage chrétien est la figure de l’alliance du Christ et de l’Église. Ainsi, pour comprendre en profondeur, en largeur, en épaisseur, la bonté du mariage, il faut avant tout contempler comment le le Christ se sacrifie pour son Église et comment l’Église se soumet au Christ. L’Église peut-elle divorcer d’avec le Christ Seigneur ? Le Christ lui-même peut-Il quitter Celle pour qui il a donné sa vie et en épouser une autre ?Combien de chrétien(ne)s ont médité sur le texte de Saint Paul aux Éphésiens (5, 21 et suivant) avant de s’unir à leur épouse/époux ? Avant de dire séparer ce que Dieu a uni ? (Encore un abus de langage païen : on ne se sépare pas, on sépare ce que Dieu a uni) . Chaque jour, par mon mariage (qui est très heureux) et par celui de ma sœur (qui est très pénible), j’entre dans ce mystère de l’Amour de Dieu pour son épouse et de L’Église pour son Sauveur. Ainsi, je découvre que l’homme est le chef de famille et la femme en est l’âme toute glorieuse, sans tache ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable qui lui donne corps.

Nous sommes contaminés dans notre pensée, lorsque nous ne rappelons pas la beauté, la merveille de notre foi, de nos engagements. Nous sommes contaminés dans notre pensée, lorsque nous croyons que ce sont nos pasteurs qui sont responsables de la perte de foi, d’espérance et de charité. Nous sommes contaminés dans notre pensée, lorsque nous croyons que nous pouvons agir comme si nous n’étions pas marqués, comme si nous n’étions pas les serviteurs de notre Dieu. Nous sommes contaminés dans notre pensée, lorsque nous disons : « ce sont de bonnes personnes » et que nous n’osons pas corriger les actes mauvais qu’ils posent.

Ne dois-je pas revenir au cœur de ma foi, à la prière d’union à Dieu pour voir où je trahis ma foi ?

L’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, d’aucuns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines diaboliques. Ce sera l’ouvrage d’hypocrites imposteurs, dont la conscience est marquée au fer de l’infamie . Ils proscrivent le mariage et l’usage d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec reconnaissance par les fidèles et ceux qui connaissent la vérité. En effet, tout ce que Dieu a créé est bon et rien n’est à rejeter, pourvu qu’on le prenne avec reconnaissance; cela se trouve sanctifié par la parole de Dieu et la prière.

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