BONNE NUIT LES PETITS.

Les plus âgés d’entre-nous se souviennent, peut-être, de cette émission pour enfant qui avait pour but de nous tranquilliser pour la nuit.

Aujourd’hui, le monde rentre dans la nuit et l’occident n’a jamais aussi bien correspondu à sa définition : là où le soleil se couche. L’orient étant là où le soleil se lève. Ainsi, peu à peu, l’obscurité se fait sur la terre sans grande secousse et nombreuses sont les personnes de notre entourage qui nous diront : « on fait beaucoup de bruit pour rien » ou « Il y a déjà eu des choses plus graves mais nous n’avions pas les moyens de les connaitre… alors comme le reste cela passera. » À quel moment sommes-nous ? Est-ce le crépuscule ? Est-ce déjà, comme le pensent les optimistes, l’aube nouvelle qui se présente à nous ? Est-ce déjà la nuit ? La nuit est ce moment particulier où les couleurs sont parties et où tous les chats deviennent gris. Comme les valeurs qui, en plein jour, sont visibles de tous, il semble que les repères s’estompent. Ceux qui sont déjà dans la nuit ne voient plus la distinction entre un homme et une femme. Tandis que ceux dont le cœur est encore au soleil ne comprennent pas ceux qui habitent l’obscurité.

Quelle sera notre nuit ?

Allons-nous comme des gentils enfants nous coucher et nous endormir en écoutant les comptines que nous racontent les média ? Il est évident que certaines chansons qu’elles soient politiques, économiques, artistiques… ont pour unique but d’endormir le peuple comme une douce berceuse. Le plus souvent, ces rengaines sont accompagnées de somnifères puissants comme les RSA, BS, ASS, ARE… Jadis, Rome disait simplement : « Panem et circenses ». Allons-nous tranquillement nous endormir, comme dans un suicide collectif, et espérer que la nuit passe sans que rien ne nous arrive ? Nous pouvons, dans cette nuit, penser que les problèmes, les souffrances, qui arrivent aux autres ne sont pas pour nous. Certains se régiront pensant que puisque le malheur a frappé leurs voisins, ils seront épargnés. Mais, dans cette nuit des dormeurs, les cauchemars n’épargnent personne.

Quelle sera notre nuit ?

Serons-nous comme les vaillants gardiens du système qui obéissent aux ordres sans chercher à voir que l’adversaire qu’il croit combattre est celui-là même dont il reçoit les ordres et qu’il défend ? Nombreux de valeureux sont tombés, l’idéal enraciné dans le cœur, dans les batailles organisées par leur commandant qui avait trahi leur cause.

Quelle sera notre nuit ?

Serons-nous ces médecins, ces pompiers, ces veilleurs infatigables qui au plus profond des ténèbres apportent la lumière ? Honneur, à ceux qui malgré les fatigues, les épreuves, les tracas donnent, jour après jour, leurs aides pour le malheureux qui appelle.

Quelle sera notre nuit ?

Est-ce que nous allons passer notre nuit comme durant le ramadan ? Allons nous prier et manger ? Est-ce que les Anges et l’Esprit par permission de leur Seigneur, descendront ? Sera-t-elle la nuit meilleure que mille mois ? La nuit de paix et du salut jusqu’à l’apparition de l’aube ?

Quelle sera notre nuit ?

Est-ce que nous vivrons une nuit en prière, comme le demande Jésus à ses disciples au jardin des oliviers ? Allons-nous entendre l’appel lorsqu’Il nous dit « Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec moi. » ? Et allons-nous prier ou, comme les apôtres, nous endormir sans assurer la garde dans la nuit. Entendrons-nous lorsqu’au moment le plus sombre, Il dira : « Levez-vous ! Allons ! » ?

Comme pour toutes les nuits, chacun la vivra différemment, personnellement, intimement, certains espérant l’aube et la clarté du jour; d’autres, ceux qui appartiennent au monde des ténèbres, redoutant ce moment. Mais, plus que jamais, nous devons savoir à qui faire confiance, avancer prudemment. Et comprendre qu’aussi brillante que soit la lune elle n’est pas le soleil. Ne prenons pas le reflet, la pale image, pour ce qu’il n’est pas. De nombreux sauveurs peuvent se présenter mais restons attentifs aux signes. Que dans la nuit où les ombres créent des peurs nous sachions trouver la lumière.