Où est l’Église ?

Je connais des hommes qui ont sacrifié leur carrière pour construire des écoles et que l’évêque du lieu a fermé. Pourtant il y a une loi au Québec spécifique pour la création et le développement d’école catholique. Alors pourquoi cet abandon ?

Je connais un maire qui est allé jusqu’en cour suprême pour défendre le crucifix, les statues et la prière. L’Église était absente. Pourquoi ?

Je connais des hommes de prière qui ont durant des années organisé des groupes de prières pour la sanctification du peuple de Dieu. Mais  le nouveau curé et parfois un simple laïc trouvait que cela ne lui convenait pas alors interdit la prière dans l’église. Les priants en appelèrent à l’évêque. Mais voila l’évêque, le pasteur du diocèse, l’ordinaire du lieu, ne voulant pas prendre ses responsabilités, n’a pas levé le petit doigt pour expliquer pourquoi il ne valait plus prier ou à l’inverse soutenir le groupe de prière. Voulant se tenir dans une position d’arbitre, il a oublié qu’il était (en théorie) le berger, celui qui donne la direction du troupeau, celui qui aide le petit et les faible. Le fait de ne pas prendre position, de n’être ni chaud ni froid est en soi une démission. Les brebis sont livrés au loup. Chaque jour, il y en a qui se font dévorer. Ô bien sur, les journaux télévisés n’en parlent pas et il n’y a aucun média qui en parle mais je pense à tous ceux qui ont quitté l’Église.

Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister. Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même; comment donc son royaume subsistera-t-il? Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils, par qui les chassent-ils? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous. Ou, comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort? Alors seulement il pillera sa maison. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse. C’est pourquoi je vous dis: Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.

Matthieu 12, 25 et suivants

Ne croyez pas que c’est une critique de telle ou telle personne, C’est un appel à chacun de nous de se réveiller, d’ouvrir les yeux, de choisir notre camp. Les brebis ne peuvent plus suivre le berger les yeux fermés. Ils se doivent  plus que jamais se méfier des prêtres, des évêques, des pasteurs qui sont devenus des administrateurs, des gérants… des serviteurs du diable. Le nom «diable» viens du grec διάβολος diábolos, issu du verbe διαβάλλω « diabállô », signifiant «celui qui divise » ou « qui désunit ». Et donc quand dans un lieu donné, il y a de la discorde ou de la division nous pouvons affirmer que le diable est là ! Et cela sans jugement de valeur. Mieux, je ne peux que reprendre les mots du Pape Benoit XVI :

«Se référant à la situation de l’Eglise d’aujourd’hui, le Saint-Père [ Paul VI ] affirme avoir le sentiment que «par quelque fissure, la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu». Il y a le doute, l’incertitude, la problématique, l’agitation, l’insatisfaction, l’affrontement. On n’a plus confiance en l’Eglise; on fait confiance au premier prophète profane qui vient nous parler dans quelque journal ou par quelque slogan social, pour le poursuivre et lui demander s’il a la formule de la vraie vie. Et nous ne réalisons pas que nous en sommes au contraire les propriétaires et les maîtres. Le doute est entré dans nos esprits, et il est entré par les fenêtres qui devaient être ouvertes à la lumière. (…) Dans l’Église aussi règne cet état d’incertitude. On croyait qu’après le Concile, il y aurait une journée ensoleillée dans l’histoire de l’Eglise. Il est venu à la place une journée de nuages, de tempête, de ténèbres, de recherche, et d’incertitude. Nous prêchons l’œcuménisme et nous nous détachons de plus en plus des autres. Nous essayons de creuser des abysses plutôt que de les combler.»

Devons-nous partir de l’Église en courant ? C’est l’option que prennent nombreux de nos contemporains. Devons-nous rester et nous laisser «enfumer» par les fumées de Satan comme des jambons dans un fumoir ? C’est ce que font un certain nombre de personnes pour qui l’Église est devenu une secte dans lequel on se sent bien entre-soi et la pensée est proche de : «Nous serons sauvés car nous sommes les derniers fidèles ! Restons entre nous et chassons ceux qui pensent autrement.» Que devons-nous faire devant une Église enfumée ? La Réponse est simple, elle est la même qu’il y a 100 ans ou 1000 ans ! La réponse est la même qu’à l’époque des Borgia, de la réforme, il faut  s’enraciner dans l’Écriture et la Tradition, prendre appui sur des textes fondateurs comme Commonitorium de Vincent de Lerins, la Somme théologique de St Thomas d’Aquin,… et ne pas se laisser ballotter par les dernières théories ou modes théologiques. En effet, que nous soyons simples laïcs ou cardinal à Rome, que nous ayons la foi ou que nous ne l’ayons pas, si nous sommes baptisés, c’est bien en tant que «prêtre, prophète et roi» que nous aurons à répondre devant le Juge Suprême à cette triple question :

– comment as-tu exercé ton sacerdoce?

– comment as-tu régné sur la terre?

– comment as-tu prophétisé?

Agissons en notre âme et conscience pour qu’au jour de la grande rencontre, nous ne rougissions pas de la liberté  que nous avons reçu.

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